Définition
Catégorisation
Cadre réglementaire & fiscalité
Stratégie
Questions fréquentes

L’essentiel à retenir

Dans l’univers financier, un actif numérique désigne généralement une représentation numérique d’une valeur ou de droits s’appuyant sur une blockchain ou une technologie de registre distribué (DLT).

Les cryptomonnaies, stablecoins, utility tokens et certains NFT font partie de cet univers, auquel on rattache également, dans une acception plus large, les actifs financiers tokenisés.

En Europe, le règlement MiCA encadre une grande partie des crypto-actifs et des services associés, mais pas l’ensemble des actifs utilisant une blockchain.

Pour les institutions financières et les entreprises, les actifs numériques ouvrent de nouveaux modèles autour de la finance 24/7, de l’investissement, des paiements, de la tokenisation et de l’automatisation des transactions.

Qu'est-ce qu'un actif numérique ? Définition

Le terme « actif numérique » (digital asset en anglais) est couramment utilisé pour désigner un actif dont la propriété, la détention ou le transfert est représenté numériquement grâce à une blockchain ou, plus généralement, une technologie de registre distribué.

Le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) utilise plus précisément le terme de crypto-actif, qu'il définit comme une « représentation numérique d'une valeur ou d'un droit » pouvant être transférée et stockée électroniquement au moyen d'une technologie de registre distribué ou d'une technologie similaire.

Cette définition permet de comprendre l'une des caractéristiques fondamentales de ces actifs : une blockchain ne sert pas uniquement à stocker une information. Elle permet d'organiser la détention et le transfert d'une valeur ou d'un droit entre différents acteurs.

Certains actifs numériques sont natifs d'une blockchain, comme Bitcoin. D'autres sont créés au moyen de smart contracts, c'est-à-dire de programmes informatiques déployés sur une blockchain permettant de créer et de gérer des tokens et les règles qui leur sont associées.

Attention à ne pas confondre actifs numériques… et actifs numériques !

D'un strict point de vue sémantique, la notion d'« actif numérique » peut être beaucoup plus large. Une entreprise possède de nombreux actifs sous forme numérique : bases de données, photographies, vidéos, documents, noms de domaine, logiciels, code source, modèles d'intelligence artificielle ou ressources cloud.

Dans le domaine du Digital Asset Management (DAM), par exemple, l'expression digital asset désigne traditionnellement des contenus numériques qu'une organisation souhaite cataloguer, stocker, protéger et réutiliser.

Ces éléments ont incontestablement de la valeur et constituent une partie du patrimoine numérique ou immatériel de l'entreprise. Mais ils ne correspondent pas à la notion de crypto-actif définie par MiCA. Une base de données ou un logiciel stocké dans le cloud n'est pas un crypto-actif simplement parce qu'il est numérique.

Dans cet article, nous utilisons donc « actifs numériques » dans son acception financière et blockchain, désormais courante dans les secteurs bancaire et financier. Pour éviter toute ambiguïté juridique, le terme « crypto-actif » sera privilégié lorsqu'il est spécifiquement question du périmètre de MiCA.

Comment catégoriser les grandes familles d'actifs numériques ?

Il n'existe pas de classification unique des actifs numériques. Celle-ci évolue au gré des innovations technologiques, des nouveaux usages et des évolutions du cadre juridique et comptable. Le vocabulaire informatique reste également très présent : le terme anglais token, parfois traduit par « jeton numérique », est ainsi couramment utilisé.

La classification ci-dessous reprend les principales catégories rencontrées aujourd'hui.

Cryptomonnaies

Tout commence avec le lancement de Bitcoin en 2009 et son concept de paiement électronique décentralisé et désintermédié. Fonctionnant sur une blockchain publique, ouverte à tous, et reposant sur un logiciel open source, Bitcoin a inspiré la création de milliers d'autres actifs numériques librement échangeables, historiquement appelés « cryptomonnaies ».

Les plus importantes — Bitcoin, Ether, Solana, etc. — peuvent notamment s'acheter et se vendre sur des plateformes spécialisées et sont devenues une classe d'investissement à part entière.

Fidèles à leurs origines décentralisées, et sous réserve de maîtriser l'utilisation des wallets et des clés cryptographiques, ces cryptomonnaies peuvent également être transférées directement entre détenteurs, sans passer par une banque ou une plateforme centralisée.

Au-delà de leur valeur marchande, certains crypto-actifs ont également une utilité fonctionnelle : ils peuvent être nécessaires au fonctionnement d'une blockchain ou donner accès à un service particulier. MiCA utilise notamment la notion d'utility token pour certains crypto-actifs donnant accès à un bien ou à un service fourni par leur émetteur.

Stablecoins

Les stablecoins sont des crypto-actifs conçus pour maintenir une valeur stable, généralement par référence à une monnaie officielle.

Ils prennent le plus souvent la forme de tokens émis sur une blockchain par une société qui constitue en contrepartie des réserves destinées à assurer leur valeur et leur remboursement. Plusieurs institutions financières européennes ont ainsi lancé des stablecoins libellés en euros, avec l'objectif qu'une unité conserve une valeur de 1 euro.

Créés nativement sur blockchain, les stablecoins peuvent techniquement être transférés 24/7, en quelques secondes ou minutes selon les infrastructures utilisées.

Leur fonctionnement est néanmoins fortement encadré. En Europe, MiCA impose notamment des règles spécifiques aux jetons de monnaie électronique (EMT) et aux jetons se référant à des actifs (ART). Certaines obligations réglementaires peuvent également être directement intégrées aux smart contracts : restrictions de transfert, gel de tokens ou contrôles liés à certaines adresses.

Monnaies numériques de banque centrale (MNBC)

De nombreuses banques centrales étudient ou expérimentent aujourd'hui des monnaies numériques de banque centrale (MNBC), ou Central Bank Digital Currencies (CBDC).

Selon les pays, celles-ci peuvent répondre à des objectifs et prendre des formes très différentes. On distingue notamment les projets retail, destinés au grand public, des projets wholesale, réservés aux institutions financières et aux infrastructures de marché.

En Europe, la BCE a engagé en octobre 2025 la phase suivante du projet d'euro numérique retail, avec un pilote prévu en 2027 et une première émission envisagée en 2029, sous réserve de l'adoption du cadre législatif européen. Ce volet grand public soulève beaucoup de questions et de débat dans la sphère publique, notamment quant à son coût de déploiement et à la confidentialité des transactions effectuées dans cette devise. En parallèle, l'Eurosystème mène un chantier distinct sur le règlement des transactions wholesale en monnaie de banque centrale sur DLT, structuré depuis juillet 2025 en deux voies, Pontes et Appia. C'est ce volet qui est le plus attendu du marché des professionnels de la finance.

Point important : une MNBC n'est pas nécessairement fondée sur une blockchain. C'est la nature numérique de la monnaie émise par la banque centrale qui la caractérise, et non la technologie utilisée.

Actifs financiers tokenisés

La tokenisation consiste à représenter un actif ou un droit existant sous forme de token sur une blockchain. Actions, obligations, parts de fonds et autres instruments financiers peuvent ainsi être représentés et échangés sur des infrastructures DLT. On rencontre également l'expression security token.

Associée à des moyens de paiement numériques tels que les stablecoins ou la monnaie de banque centrale, la tokenisation permet d'envisager des transactions financières disponibles sur des plages horaires beaucoup plus larges, avec un règlement-livraison potentiellement instantané et une automatisation accrue des processus.

La réglementation continue naturellement de s'appliquer. Lorsqu'un token constitue juridiquement un instrument financier, il n'entre notamment pas dans le champ de MiCA et relève du cadre européen applicable aux instruments et marchés financiers, dont MiFID II.

Autres actifs numériques

La combinaison de la blockchain, des tokens et des smart contracts permet de créer des actifs numériques aux usages très variés. Notons ainsi :

  • La tokenisation d'actifs non financiers : Certains projets associent ainsi la détention d'un token à des droits portant sur de l'or, des œuvres d'art, des bouteilles de vin, des objets de collection ou d'autres actifs physiques. Leur tokenisation peut faciliter leur échange et leur fractionnement, tandis que la conservation et la logistique du sous-jacent restent confiées à des acteurs spécialisés.
  • Les NFT (Non-Fungible Tokens) sont des crypto-actifs dont les unités peuvent être uniques et non interchangeables à l'identique. Leur première vague d'adoption a notamment été associée aux œuvres et objets numériques. Les excès spéculatifs et nombreuses fraudes observés lors de cette période ont fortement dégradé leur image, sans pour autant faire disparaître les usages potentiels de la technologie en matière de certification, de propriété ou de gestion de droits.
  • Les JONUM (Jeux à Objets Numériques Monétisables) correspondent quant à eux à un cadre français spécifique applicable à certains jeux permettant d'obtenir des objets numériques pouvant être monétisés. Ce régime est distinct du règlement MiCA.
  • Enfin, les grandes banques expérimentent aujourd'hui les dépôts tokenisés. Il ne s'agit pas nécessairement de créer une nouvelle monnaie ou un nouveau crypto-actif, mais d'utiliser les caractéristiques des infrastructures blockchain pour représenter et transférer des dépôts bancaires existants. Pour approfondir ce sujet, consultez notre white paper consacré aux dépôts tokenisés.

Cadre réglementaire et fiscalité des actifs numériques

De la loi PACTE et du statut PSAN au règlement européen MiCA

La France a été l'un des premiers pays européens à créer un cadre spécifique aux crypto-actifs avec la loi PACTE de 2019 et le statut de Prestataire de Services sur Actifs Numériques (PSAN).

L'Union européenne a ensuite harmonisé ce cadre avec le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), dont les principales dispositions sont devenues applicables en 2024.

MiCA encadre notamment l'émission de certaines catégories de crypto-actifs et de stablecoins, ainsi que les prestataires fournissant des services tels que la conservation, l'exploitation d'une plateforme de négociation, l'échange ou l'exécution d'ordres.

Le régime européen repose désormais sur les Prestataires de Services sur Crypto-Actifs (PSCA), ou CASP – Crypto-Asset Service Providers en anglais.

Pour les acteurs financiers, cette évolution est majeure : les actifs numériques ne constituent plus un marché évoluant à la périphérie de la finance réglementée, mais un ensemble d'activités progressivement intégré au cadre financier européen.

À l'échelle internationale, les approches restent néanmoins très différentes. Aux États-Unis, le cadre s'est structuré depuis 2025 autour des stablecoins avec l'adoption du GENIUS Act, tandis que le volet relatif à la structure de marché des crypto-actifs reste en discussion au Congrès. Au Royaume-Uni, les autorités ont finalisé en 2026 un régime destiné à intégrer les principales activités crypto au cadre des services financiers. Singapour, sous l'impulsion de la Monetary Authority of Singapore (MAS), combine un encadrement exigeant des prestataires avec une politique active d'expérimentation autour de la tokenisation et des paiements numériques. À l'inverse, la Chine continentale maintient de fortes restrictions sur les activités liées aux cryptomonnaies, tout en investissant dans les technologies blockchain et dans sa monnaie numérique de banque centrale, l'e-CNY.

Cette diversité illustre l'un des principaux enjeux internationaux des actifs numériques : une même technologie peut être soumise à des cadres très différents selon la juridiction, la nature de l'actif et le service proposé.

Fiscalité et déclaration des actifs numériques

Pour les entreprises, l'utilisation d'actifs numériques se traduit par des traitements comptables et fiscaux dont la nature dépend fortement de l'actif concerné. L'achat ou la revente de Bitcoin, d'un stablecoin, d'un NFT ou d'une part de fonds monétaire tokenisée ne se traite ainsi pas nécessairement de la même manière.

Pour les particuliers, la détention et surtout la cession de crypto-actifs peuvent également entraîner des obligations fiscales et déclaratives.

La fiscalité des gains réalisés sur les actifs numériques dépend ensuite de la situation du détenteur, de la nature de son activité et de la juridiction compétente. Les règles applicables à un particulier, à un investisseur professionnel ou à une entreprise sont très différentes. Certains pays, à l'image de la Francetaxent les plus-values sur la revente d'actifs numériques par les particuliers (à ne pas oublier de déclarer lors de vos impôts sur le revenu), quand d'autres appliquent des régimes nettement plus favorables, sans pour autant constituer une exonération absolue : la Suisse exonère en principe d'impôt sur le revenu les plus-values réalisées sur la fortune privée, mais ces actifs restent soumis à l'impôt sur la fortune et la qualification de commerçant professionnel de titres fait tomber l'exonération ; Singapour ne connaît pas d'impôt sur les plus-values, mais impose comme un revenu l'activité de trading exercée à titre professionnel ; l'Allemagne conditionne quant à elle l'exonération des particuliers à une durée minimale de détention.

Pourquoi les actifs numériques deviennent-ils stratégiques ?

Plus de quinze ans après le lancement de Bitcoin et plusieurs années après l'apparition des premiers cadres réglementaires, la blockchain et les actifs numériques entrent dans une nouvelle phase de leur développement.

Le changement de politique américaine à l'égard des crypto-actifs, l'entrée en vigueur de MiCA en Europe et l'accélération des investissements des banques et infrastructures de marché contribuent aujourd'hui à une dynamique nouvelle autour de la tokenisation de la finance.

Si le marché des cryptomonnaies comme vecteur d'investissement reste important et concerne désormais près de 10 % des ménages de la zone euro, selon l'enquête Consumer Expectations Survey de la BCE de novembre 2024, les actifs numériques répondent à des usages beaucoup plus larges.

Les offres à valeur ajoutée se multiplient déjà dans la finance : paiements transfrontaliers reposant sur des stablecoins, transferts disponibles le week-end, fonds monétaires tokenisés, règlement-livraison sur blockchain, tokenisation d'obligations ou de parts de fonds, etc.

De la banque privée à la gestion d'actifs, de la banque d'investissement aux infrastructures de marché, l'ensemble de l'industrie financière est désormais concerné. Les acteurs les plus agiles pourront faire évoluer leurs modèles économiques pour tirer parti de ces innovations. Les autres devront a minima s'y préparer à mesure que banques centrales, dépositaires centraux, bourses et autres infrastructures de marché déploieront leurs propres services tokenisés.

L'adoption ne se limite d'ailleurs pas aux institutions financières. Dans plusieurs régions d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique latine, les stablecoins sont déjà utilisés massivement par les particuliers comme instruments de paiement, de transfert international ou de conservation de valeur. Les entreprises commencent elles aussi à étudier ces technologies, attirées par la perspective de paiements plus rapides, de trésorerie disponible 24/7 et de nouveaux produits de placement tokenisés.

L'émergence progressive d'une finance 24/7, programmable et reposant en partie sur des actifs numériques se concrétise. Avec elle apparaissent de nouvelles opportunités pour les utilisateurs comme pour les fournisseurs de services financiers.

L'enjeu n'est donc plus seulement de déterminer s'il faut « investir dans les cryptomonnaies ». Pour les institutions financières et les grands groupes, il s'agit désormais de comprendre comment la blockchain transforme progressivement l'infrastructure même de la finance : actifs, monnaie, paiements, investissement et transactions.

Questions fréquentes sur les actifs numériques

Qu'est-ce qu'un actif numérique ?

Dans le secteur financier, un actif numérique désigne une représentation numérique d'une valeur ou d'un droit pouvant être détenue et transférée au moyen d'une blockchain ou d'une technologie de registre distribué (DLT). Les cryptomonnaies comme Bitcoin et Ether, les stablecoins et différents types de tokens appartiennent à cet univers. La réglementation européenne MiCA utilise plus précisément le terme de « crypto-actif ».

Quelle est la différence entre un actif numérique, un crypto-actif et une cryptomonnaie ?

Actif numérique est un terme générique utilisé dans la finance pour désigner les actifs reposant sur des technologies blockchain ou DLT. Crypto-actif est le terme juridique retenu notamment par le règlement européen MiCA. Une cryptomonnaie est une catégorie particulière de crypto-actif, comme Bitcoin ou Ether. Tous les actifs numériques ne sont donc pas des cryptomonnaies : les stablecoins, certains tokens ou les actifs financiers tokenisés répondent à des logiques différentes.

Quels sont les principaux types d'actifs numériques ?

Les principales familles comprennent les cryptomonnaies comme Bitcoin ou Ether, les stablecoins, les utility tokens et certains NFT. Dans une acception plus large de la finance sur blockchain, on trouve également les actifs financiers tokenisés, comme des obligations ou des parts de fonds représentées sous forme de tokens. D'autres formes de monnaie numérique, comme les dépôts tokenisés et les monnaies numériques de banque centrale (MNBC), participent également à la transformation des infrastructures financières, sans être nécessairement des crypto-actifs au sens de MiCA.

Qu'est-ce que MiCA et comment réglemente-t-il les crypto-actifs en Europe ?

MiCA (Markets in Crypto-Assets) est le règlement européen qui établit un cadre harmonisé pour les crypto-actifs dans l'Union européenne. Il réglemente notamment certaines émissions de crypto-actifs, les stablecoins et les Prestataires de Services sur Crypto-Actifs (PSCA ou CASP) proposant des services tels que la conservation, l'échange ou l'exécution d'ordres. Certains actifs utilisant une blockchain restent cependant soumis à d'autres réglementations : c'est notamment le cas des instruments financiers tokenisés.

Pourquoi les actifs numériques sont-ils importants pour les banques et les entreprises ?

Les actifs numériques permettent d'envisager une finance davantage disponible 24/7, programmable et automatisée. Stablecoins, tokenisation et smart contracts peuvent notamment accélérer certains paiements, automatiser des transactions ou permettre le règlement d'actifs financiers sur blockchain. Pour les banques, asset managers, entreprises et infrastructures de marché, l'enjeu dépasse donc l'investissement en cryptomonnaies : il concerne progressivement les paiements, la monnaie, l'investissement, la gestion de trésorerie et les infrastructures financières elles-mêmes.

L'essentiel à retenir

  • Dans l’univers financier, un actif numérique désigne généralement une représentation numérique d’une valeur ou de droits s’appuyant sur une blockchain ou une technologie de registre distribué (DLT).
  • Les cryptomonnaies, stablecoins, utility tokens et certains NFT font partie de cet univers, auquel on rattache également, dans une acception plus large, les actifs financiers tokenisés.
  • En Europe, le règlement MiCA encadre une grande partie des crypto-actifs et des services associés, mais pas l’ensemble des actifs utilisant une blockchain.
  • Pour les institutions financières et les entreprises, les actifs numériques ouvrent de nouveaux modèles autour de la finance 24/7, de l’investissement, des paiements, de la tokenisation et de l’automatisation des transactions.