17 février 2017

Julien Masson, Président fondateur de Whyers, intervenait sur la table-ronde « Les frontières entre les grands groupes et les start-up sont-elles en train de s’effacer ? » lors de la première édition des « Rencontres de Dumont d’Urville » organisées par Talan, le 31 janvier dernier.

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Comment vous est venue l’idée de Whyers, c’est-à-dire la mise en relation entre grands groupes et start-up ?

JM : Avec mon associé, nous nous sommes d’abord spécialisés dans le lean start-up, qui est une manière d’entreprendre basée sur un système itératif où l’on simule son futur service ou produit avec des moyens assez simples. Nos compétences étant toutefois limitées dans certains domaines technologiques comme l’IoT, nous nous sommes retrouvés un jour démunis devant la demande d’un grand groupe. Le hasard faisant bien les choses, il se trouve que nous partagions, à ce moment, nos bureaux avec une start-up qui a créé un instrument de musique en ne partant de rien et qui s’est proposée pour partager son expérience avec l’entreprise qui avait fait la demande initiale. Son retour opérationnel a fait gagner un temps fou à l’équipe projet et nous nous sommes alors rendu compte que les entrepreneurs avaient deux forces : leur entreprise, bien sûr, mais aussi leurs savoir-faire et leur expérience qu’ils ont développées et qui peuvent être répliqués à d’autres secteurs que le leur.

On comprend facilement les avantages que retirent les grands groupes de ce retour d’expérience mais quid des startuppers ?

JM : Ce n’est pas l’argent qui motive les startuppers sur ce sujet, c’est sûr, mais plutôt le challenge intellectuel. Les entrepreneurs sont guidés au quotidien par une envie de relever des défis et sont fiers de présenter leur retour d’expérience à des cadres de grands groupes sur un sujet qui est parfois très éloigné de leur cœur business. Toutefois, l’échange de compétences se fait également dans l’autre sens, les collaborateurs de grandes entreprises ayant des compétences sur des sujets qui échappent parfois aux startuppers, dans le domaine juridique par exemple. Whyers, c’est vraiment un Meetic entre cerveaux. J’aimerais souligner la dimension humaine de ces rapprochements qui découlent souvent sur des belles aventures professionnelles et humaines.

Pourriez-vous nous décrire un cas concret de rapprochement ?

JM : Un ingénieur de chez Total est récemment venu nous voir car il venait d’inventer un produit et il avait pour objectif de créer une place de marché, ce qui dépassait ses compétences. Nous l’avons donc mis en relation avec la start-up Avatacar, premier site à proposer des prestations d’entretien adaptées à chaque véhicule. En quelques heures, le patron de la start-up lui a fait son retour d’expérience et lui a expliqué son business model, ce qui a permis à l’ingénieur de Total de créer une place de marché beaucoup plus facilement.

Votre conviction sur l’Open Innovation ?

JM : Il y a vraiment un enjeu puissant à rapprocher l’intelligence que développe les entrepreneurs d’un côté et le savoir-faire des grands groupes de l’autre. Même si ces deux types d’entreprises ont des façons de fonctionner différentes, elles ont tout à gagner à travailler ensemble. La vision « David contre Goliath » me paraît dépassée, nous entrons maintenant dans une nouvelle ère : « David avec Goliath ».

Que pensez-vous du rôle que jouent les ETI, comme Talan, dans cette transformation ?

JM : Le rôle d’une ETI comme Talan est d’être le HUB entre toutes les nouvelles pratiques numériques et les mutations des grandes entreprises.

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« Le mécanisme de l’acquisition est devenu naturel parce que les innovations et les talents sont de plus en plus à l’extérieur de l’entreprise » Paul-François Fournier, Bpifrance Innovation

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« Le but pour une entreprise établie, c’est d’empêcher par tous les moyens qu’une licorne ou qu’une semi licorne arrive à s’implanter sur sa chaîne de valeur » Jean-Louis Beffa, Président d’honneur de Saint-Gobain

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