Les Rencontres de Dumont d’Urville – Projet IoT : mythe ou réalité ?

Le 18 mai dernier avait lieu la deuxième « Rencontre de Dumont d’Urville » sur le thème du déploiement des projets IoT :

« Projet IoT : mythe ou réalité ?
Comment déployer un projet IoT de façon durable et efficace ? »

Durant la soirée, plusieurs intervenants issus de domaines différents, grands groupes et start-up, sont venus témoigner et partager leur retour d’expérience.

Dans un premier temps, Emmanuelle Schuster, chef de projet innovation à la SNCF, a partagé son retour d’expérience sur la mise en place de capteurs en gares Transilien. A la base du projet, plusieurs objectifs : compter le nombre de voyageurs dans les gares ouvertes et pouvoir mesurer la fraude.

Ensuite, Olivier Pellegrino, chef de département au sein du pôle Systèmes et Objets Communicants de la DSI Enedis, a pris la parole sur la mise en place de poteaux connectés chez Enedis. Durant son témoignage, Olivier Pellegrino est revenu sur la vision globale de l’IoT dans le groupe, sur les étapes de la mise en place du projet, ses succès et ses limites mais aussi sur l’impact de ce type de projet sur les différents métiers d’Enedis. Enfin, il a terminé son intervention en déconstruisant les mythes de l’IoT lors du déploiement de projet industriel, notamment sur la durée de vie des objets connectés et sur la mise en place de plateformes génériques qui ne sont pas toujours adaptées aux objets.

Pour conclure cette soirée, une table-ronde était organisée sur le sujet du déploiement des projets industriels IoT.

Intervenants :
David Sissoko, Directeur de Mission Fab IoT pour SNCF Réseau
Ahmed Drif, Président de CYM IoT (Connect Your Machine)
Emmanuelle Schuster, Chef de projet innovation à la SNCF
Olivier Pellegrino, Chef de département au sein du pôle Systèmes et Objets Communicants de la DSI Enedis
François Gatineau, Expert IoT chez TalanSolutions
Rafik Djedour, Data scientist chez TalanSolutions

La table-ronde était animée par Rosalie Lacombe-Ribault, Directrice marketing et communication chez Talan.

Extraits des échanges :

Rosalie Lacombe-Ribault : David, pourriez-vous nous présenter votre projet ?

David Sissoko :
Au sein de la SNCF, une large stratégie digitale est en train de se mettre en place, notamment sur l’IoT. Notre objectif est de pouvoir améliorer la productivité grâce à la digitalisation de l’entreprise. Nous investissons dans l’IoT, notamment sur les gares (smart buildings), les usines nouvelles générations ou encore sur les matériels roulants et enfin sur la SNCF Réseau. (…) Un des projets que l’on a en phase de pré-industrialisation sont les coupons connectés qui permettent de surveiller la température des rails. (…)

Aujourd’hui, nous avons accès à un grand nombre d’informations, beaucoup plus large qu’avant et il faut maintenant réfléchir à la façon dont on utilise l’IoT.

Rosalie Lacombe-Ribault : Ahmed, vous êtes co-fondateur de la start-up CYM et vous avez travaillé dans des grands groupes, quels conseils donneriez-vous à ces derniers dans la mise en place de tels projets ?

Ahmed Drif :
Pour réaliser un bon business case, il faut réfléchir de façon pragmatique sur des choses simples, il faut répondre à une question qui est une problématique du métier.
La technologie est simplement un moyen qui permet de répondre aux problématiques concrètes des clients.

Rosalie Lacombe-Ribault : Olivier, vous évoquiez dans votre intervention la nécessité d’accompagner les équipes au changement dans la mise en place de projet IoT. Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?

Olivier Pellegrino :
Chez les femmes et les hommes d’Enedis, la réticence se trouve plus dans la notion de sécurité, nos techniciens étant déjà habitués à mettre en place des projets industriels. (…)
Maintenant, il y a aussi l’effet inverse où nous avons une responsabilité pour ne pas décevoir les régions et les équipes que nous avons mobilisé sur le sujet.

Rosalie Lacombe-Ribault : Rafik, quel est le rôle du data-scientist dans ce type de projet ?

Rafik Djedour :
Le rôle du data scientist dans les projets IoT se fait sur plusieurs niveaux. D’abord, il faut traduire la donnée et la rendre intelligible. Ensuite, il faut qualifier la donnée, la rectifier puis la modéliser afin de traduire un use case en un point de vue mathématique. Enfin, nous restituons la donnée aux dirigeants et aux métiers.

Rosalie Lacombe-Ribault : Emmanuelle, comment travaillez-vous avec les start-up et quelles sont les bonnes pratiques que vous en retirez ?

Emmanuelle Schuster :
Nous travaillons avec différentes start-up de maturités différentes. (…) La phase la plus compliquée est celle de contractualisation car le process peut être assez lourd dans des grands groupes, ce qui peut être problématique pour les start-up. Nous sommes en train de l’alléger. (…) Lorsque nous déployions le projet IoT, nous avons rapidement intégré la start-up dans l’environnement gare pour qu’elle se rende vite compte de la réalité du terrain. (…) En termes de bonnes pratiques, je dirais qu’il faut bien expliquer à la start-up comment fonctionne l’entreprise et calculer le ROI.

Rosalie Lacombe-Ribault : Et vous Ahmed, du côté start-up ?

Ahmed Drif :
Du côté start-up, je dirais qu’il faut bien identifier les groupes avec lesquels on veut travailler et montrer un use case pour démontrer la valeur du projet. (…) Un élément très important : l’IoT doit apporter un changement dans l’environnement business des entreprises ! Pour cela, il faut que la start-up rentre dans le métier du client pour l’aider à avancer et pour apporter de l’agilité.

Rosalie Lacombe-Ribault : François, quels sont les écueils de déploiement et les facteurs clés de succès ?

François Gatineau :
Il faut réussir à garder une vision large mais avec un esprit de curiosité critique. (…) Je déploie une méthode qui est de partir d’un thème, sélectionner un cas d’usage et très vite, prototyper. Tout ça en mode agile. En se disant qu’on a le droit de faire des erreurs, de rater. (…)
De plus, il faut se construire son propre business case et non pas reproduire un existant d’un concurrent. (…) Le sponsoring est important. (…)Enfin, l’élément le plus complexe mais qui me semble essentiel, c’est de faire un projet cross-fonctionnel et intégrer tous les métiers dès le début, ce qui est nécessaire pour créer une émulation.

30 juin 2017
 
2018-08-21T23:46:39+00:00